JOURNÉE DE LA CANNE BLANCHE

La capacité de se déplacer de façon sûre et autonome constitue pour tout un chacun un aspect critique dans notre société. Lors de nos déplacements, nous souhaitons tous arriver à bon port le plus rapidement et le plus sûrement possible. Et les personnes aveugles ou malvoyantes ne se distinguent en rien des autres sur ce point. Alors que de nouvelles innovations techniques englobant les systèmes de positionnement global apparaissent, comme les systèmes de navigation à synthétiseur vocal associés à un téléphone portable qui permettent même de sillonner des villes étrangères, cette technologie n’est pas universellement adaptée, disponible ou abordable, et pour la majorité des aveugles et des malvoyants, la canne blanche reste la principale aide à la mobilité.

 

La canne blanche, symbole universel de la cécité et de la mobilité, est utilisée par les aveugles et les malvoyants du monde entier. Les chiens-guides sont aussi utilisés dans certains pays. 

 

La Journée de la Canne Blanche aura lieu le 15 octobre prochain et l’Union Mondiale des Aveugles, qui représente quelques 160 millions d’aveugles et de malvoyants dans le monde, souhaite souligner que certaines de ces innovations constituent en fait une menace pour la sécurité et l’autonomie de ces personnes lors de leurs déplacements.

 

L’un des outils primordiaux pour l’orientation des personnes aveugles et malvoyantes est l’information acoustique. Par exemple, afin de déterminer le moment la circulation est effectivement à l’arrêt, plutôt que le moment où les véhicules sont censés s’arrêter. De même, pour traverser à un croisement où il n’y a pas de feux, ces personnes écoutent le trafic venant en sens inverse pour savoir quand elles peuvent traverser.

 

Tout ceci repose sur la possibilité d’entendre arriver les véhicules, mais le problème est que ces dernières années, le développement des « véhicules silencieux / hybrides » sont devenus de plus en plus courants. Et le temps que les aveugles (ou toute autre personne d’ailleurs) puissent entendre le moteur, bien plus silencieux, de ces nouveaux véhicules, ils n’ont tout simplement plus le temps de traverser la rue sans danger.

 

Certes, le développement de véhicules plus respectueux de l’environnement est tout à fait désirable et nous ne comptons aucunement freiner une telle innovation. Mais nous estimons que l’introduction, de la part des fabricants automobiles, d’un système d’alerte sonore sur ces véhicules permettrait aux aveugles de se déplacer en toute autonomie et en toute sécurité. Il existe des technologies sonores qui s’ajustent aux seuils acoustiques ambiants en vigueur, évitant ainsi toute contamination acoustique inutile.

 

Un autre challenge concerne les nouvelles tendances du design urbain que présentent certaines villes, concrètement ledit concept des « espaces partagés », communs aux véhicules et aux piétons. Un concept qui vise à accroître la convivialité des rues pour les piétons et à y réduire la circulation et la vitesse. Mais ce concept se traduit généralement par une « surface commune » exempte de trottoirs et où piétons et véhicules se trouvent au même niveau. Pour traverser, l’accord de la priorité se négocie selon un « contact visuel ».

 

Cette théorie donne lieu à de nombreux obstacles au déplacement des aveugles et des malvoyants. Premièrement parce que les aveugles et les malvoyants prennent comme référence les trottoirs pour se déplacer et s’orienter. Et deuxièmement, parce que dans leur cas, le « contact visuel » est indubitablement impossible à établie.

 

Nous sommes au XXIº siècle, et nous devrions créer des villes et des rues que toutes les personnes de notre société puissent emprunter et qui tiennent compte des principes d’intégration revendiqués par la Convention des Nations Unies sur les Droits des Personnes Handicapées.

 

L’Union Mondiale des Aveugles en appelle aux gouvernements, législateurs, concepteurs et fabricants pour établir et mettre en œuvre des standards qui garantiront un accès universel à toutes les personnes handicapées. Nous demandons aussi aux concepteurs et aux fabricants de consulter l’Union Mondiale des Aveugles, nos membres et nos partenaires afin de discuter des éventuelles implications de tout changement proposé de sorte à pouvoir résoudre à un stade précoce les problèmes identifiés. Ainsi, notre environnement aidera véritablement les personnes, y compris les aveugles et les malvoyants, à se déplacer de façon sûre et autonome

Le siège social du CISPAM est situé dans la région de l’Ouest, Cameroun, plus précisément à Bafoussam, quartier Banengo II. Adresse : CISPAM, Quartier BANENGO, BP 829 BAFOUSSAM, Cameroun. Téléphone : (+237) 33-44-50-97 Fax: (+237) 33-44-40-35 Contact : Mr FONDOP Samuel (+237) 99-79-72-80 / (+237) 77-68-32-58 E-mail : cispam2000@yahoo.fr

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